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5G et IoT

5G, hérésie ou progrès ?

La 5G permet d’augmenter le débit des communications mais pourquoi faire ?

Le constat

Certains disent que ces nouvelles antennes sont dangereuses pour la santé, d’autres disent que non. Sans doute y-a-t-il un peu de vrai des deux côtés, ce n’est tout de même pas une raison pour bruler les antennes, et de toute façon, il faudra dix ans pour faire la part des choses, comme pour la 4G, comme aussi et surtout pour la polémique sur la dangerosité des téléphones portables. Dangerosité qui a fini par être démontrée puisque les fabricants sont depuis quelques années tenus d’annoncer le niveau d’émission d’ondes électromagnétiques de leurs appareils (Classement DAS)..

En fait, le vrai sujet, tout au moins pour le moment, c’est celui de l’utilité de cette technologie. Bon, on va nous dire qu’un pays industriel moderne ne peut pas se permettre de passer à côté : nouvelle technologie, donc progrès. Sans doute, mais encore, si on sort un peu de cette doxa, le progrès, qu’est-ce que c’est ?

Le progrès en médecine ?

D’un côté, certaines applications seront sans doute utiles, comme par exemple la télémédecine. Avec la 5G, à l’heure où les robots chirurgicaux se développent, intervenir à distance devient réalisable. Mais là aussi, la discussion reste ouverte car une généralisation trop poussée de la télémédecine reviendra à remplacer les médecins par des bornes de consultation munies d’un logiciel d’Intelligence Artificielle. La société Medadom propose déjà ce type de bornes, avec pour le moment un médecin à l’autre bout du fil, et c’est sans doute une solution si j’habite dans un désert médical. Ou si je n’arrive pas à obtenir un rendez-vous avec un médecin alors que j’habite pourtant dans une grande ville.

Pas assez de médecins, on met des robots. Vous trouvez ça normal, vous ? Le progrès, ne serait-ce pas former plus de médecins et mieux les rémunérer ? Et au passage, garder un peu d’humanité. Entre un robot et un médecin, que préférez-vous ?

Passer son temps à essayer d’apporter des solutions technologiques à des problèmes que nous créons nous-mêmes, sans oser s’attaquer aux causes, ce n’est pas progresser, c’est même régresser.

L’Internet des objets

L’Internet des Objets, (IoT), c’est la version généralisée de la puce électronique pour les objets, mais une version façon nanotechnologie, plus puissante, mille fois plus petite, et en plus, économique. Tous les objets peuvent porter un IoT, c’est comme une carte d’identité.

Avec la 4G, l’IoT fonctionne déjà, mais la 5G permettra d’améliorer les performances, de connecter encore plus d’objets entre eux. Pourquoi faire ? Parce que l’ordinateur central  peut identifier chaque objet, parmi des milliers, des dizaines de milliers, et définir le chemin qu’il doit prendre. L’IoT, c’est le code barre, mais en mille fois plus puissant. Un entrepôt peut être entièrement automatisé, vos courses au supermarché sont automatiquement débitées de votre compte. Pas de caissier, pas d’ouvrier, personne.

Est-ce là la définition du progrès ?

Et dans le quotidien ?

Lorsque vous rentrez à la maison, votre ordinateur fait l’inventaire de vos achats et gère votre stock. Magnifique, plus besoin de s’occuper de cette corvée, surtout que ce même ordinateur éditera automatiquement la liste de vos prochaines courses[1]. Il pourra d’ailleurs passer commande automatiquement si vous lui en donner l’autorisation et, avec ou sans votre accord, vos fournisseurs connaitront l’ensemble de vos achats, ce qui leur permettra d’affiner leurs messages publicitaires sur votre email ou sur votre portable.

Evidemment, si vous avez souscrit un contrat d’assurance avec bracelet connecté, par exemple avec Discovery[2], ces données pourront être couplées avec vos objectifs d’hygiène de vie fixés en accord avec votre compagnie d’assurance…. .. qui connaîtra tout de votre vie privée.

Pendant ce temps, vos enfants pourront accéder à toujours plus de jeux en ligne ou de vidéos à partir de leur smartphone, s’assommer encore plus dans des espaces virtuels, polluer la planète en se connectant à des Centres Serveurs démesurés qui accompagnent nécessairement cette surconsommation.

Mais alors, à qui profite la 5G ?

Le consommateur va évidemment profiter de la 5G : produits moins chers, gain de temps pour les courses, applications multiples, jeux en lignes, vidéos.

Le citoyen risque de payer cher cette technologie : encore plus d’applications en ligne et donc, déshumanisation progressive, baisse des prix de production mais robotisation et chômage, abrutissement devant des jeux ou des vidéos en ligne, repli des adolescents dans des espaces virtuels de plus en plus réels. Augmentation importante de la consommation électrique et donc pollution.

Le contribuable va aussi passer à la caisse, parce que, même si nous avons en France et en Europe de belles pépites technologiques, la plupart des entreprises intervenant dans ces domaines sont américaines et celles qui paient des impôts dans notre beau pays se comptent sur les doigts d’une seule main. Les Gafa et autres fournisseurs américains de contenus ont installé sur l’Europe ce qu’Alfred Jarry appelait dans Ubu Roi la « Pompe à Phynance », une grosse machine à collecter l’argent, avec en plus une belle « optimisation fiscale » à la clef.

Et vous, êtes-vous consommateur, citoyen, contribuable ? Ou tous les trois à la fois ?


[1] https://www.objetconnecte.net/frigo-connecte

[2] discovery.co.za/portal

La Bulle climatique

Entre géo ingénierie et catastrophe climatique

L’homme sera-t-il assez fou pour envoyer des particules de fer ou de souffre dans la stratosphère afin de limiter le rayonnement solaire, ira-t-il jusqu’à modifier la composition des océans afin de suractiver l’action du phytoplancton ?

Le constat

Dans une interview[1] accordée à Actu Environnement en octobre 2018, Henri Waismann, l’un des coordinateurs du dernier rapport du GIEC, nous dit que, pour atteindre l’objectif de réchauffement de 1,5° d’ici la fin du siècle, il faudrait que les émissions de CO2 ne dépassent pas 30 Gigatonnes en 2030, ce qui est loin d’être le cas puisque les modèles actuels donnent 52 Gigatonnes, en prenant en compte les mesures envisagées à ce jour.

« La première conclusion est que cette trajectoire (1,5% à la fin du siècle) n’est pas atteignable, même avec des actions profondes après 2030 »[3]

Comment s’en étonner ? L’augmentation de la production de gaz à effet de serre est inéluctable parce qu’elle est la conséquence directe d’un modèle de société qu’il nous faudrait changer radicalement.

Passer de 52 Gigatonnes à 30  – Vous en reprendrez bien un petit peu ?

Soyons sérieux : non seulement nous sommes peu enclins à renoncer à notre mode de vie, mais, dans un monde où la population augmente rapidement, de plus en plus de pays en voie de développement accèdent à ce modèle. Peut-on le leur reprocher ? Un milliard d’individus aujourd’hui, mais combien demain ?

La Bulle

On va tous essayer – ou presque – mais il est difficile d’être optimiste : effort considérable à faire sur nos modes de vie, impact sous-évalué de l’augmentation de la consommation énergétique[2] due aux nouvelles technologies, objets connectés, 5G, 6G, accès de centaines de millions de personnes à un mode de vie occidental. Aux dires mêmes du GIEC, ce sera insuffisant. 

Les techniques de géo ingénierie s’imposeront donc dans un futur proche, d’autant plus qu’elles constituent un formidable gisement de croissance indispensable au maintien de cette sacrée croissance dont nous avons tant besoin. Polluer la planète crée de l’activité et augmente le PIB. Quel curieux modèle tout de même.

Au vu des inquiétudes sur le Traité sur la Charte de l’Energie exprimées par 278 syndicats et organisations de la société civile dans une Lettre ouverte de décembre 2019, il n’y a pas de quoi être optimiste : https://sciencescitoyennes.org/?s=tce&x=66&y=18

Les techniques de géo ingénierie nous permettront de ne pas regarder la réalité en face, nous arriverons à reculer un peu le problème mais au prix d’une bulle qui finira par exploser.


[1] https://www.actu-environnement.com/ae/news/Giec-Il-est-possible-de-realiser-objectif-de-1-5-sans-recourir-a-des-technologies-controversees-32136.php4

[2] Voir en particulier l’étude de Green IT : https://www.greenit.fr/empreinte-environnementale-du-numerique-mondial/

[3] (Objectif de passage de 52 à 30 Gigatonnes de CO2) – Henri Waismann, interviewé par Actu environnement


La géo ingénierie

Le compte rendu[1] de la mission pour la science et la technologie de l’Ambassade de France aux Etats Unis donne une bonne idée de ce que sont ces techniques et de la position des Etats-Unis en la matière. L’Ambassade reprend une étude réalisée entre 2012 et 2015 par la National Academy of Science (NAS) à la demande du Gouvernement américain.

En 2015, la NAS a rendu deux rapports distincts, correspondant à deux approches fondamentalement différentes pour la réduction de l’impact climatique.

  • les technologies d’émissions négatives
    • Consistent à retirer du carbone de l’atmosphère, soit en l’éliminant, soit en le séquestrant, par des procédés chimiques ou naturels
  • les technologies de réduction du rayonnement solaire SRM[2]
    • En gros, on envoi des aérosols dans la stratosphère pour limiter l’impact du rayonnement solaire

La NAS écarte pour le moment les SRM mais estime que certaines des techniques d’émissions négatives sont suffisamment matures pour être utilisées à grande échelle. Mais existe-t-il vraiment des techniques « neutres » pour l’environnement ? Notre arrogance technologique ira-t-elle jusqu’à prétendre que l’on peut modifier la Nature à grande échelle sans en subir les conséquences ?


[1] https://www.france-science.org/Face-au-changement-climatique-la.html

[2] En anglais : SRM : Solar Radiation Management

Traités internationaux

Traités internationaux et démocratie

Certaines dispositions des traités internationaux inversent un des principes fondamentaux de nos démocraties : la charge de la preuve. Si vous êtes de ceux qui en doutent, la petite histoire de l’introduction en France de la boisson Red Bull pourrait vous faire changer d’avis.

Présumé coupable : la France devant Redbull

Les faits ? 2007 : depuis une douzaine d’années, le Ministère de la Santé s’opposait à l’introduction en France de cette boisson. Red Bull dépose une plainte auprès du Tribunal Administratif de Paris et demande pas moins de 300 M€ de dommages et intérêts. Quatre avis de l’Agence de Sécurité Sanitaire avaient pourtant été émis, déconseillant fortement cette boisson, expliquant qu’il y avait un «faisceau d’indices en faveur de l’existence d’un risque ».

Mais le « faisceau » devait être trop mince car, devant la menace d’avoir à payer 300 M€, le Ministère de l’Economie, représenté à l’époque par Christine Lagarde, cède et autorise la boisson en France, sous réserve que l’étiquette comporte quelques mentions banales du type « à consommer avec modération ».

Ne pouvant démontrer de façon certaine que la boisson était dangereuse, donc, ne pouvant démontrer qu’elle n’était pas coupable de protectionnisme, la France a dû plier.

Car il s’agit bien de ça, c’est d’une logique parfaite : la multinationale n’a pas à démontrer que son produit ne nuit pas au pays dans lequel elle veut s’implanter, c’est à ce pays de démontrer qu’il n’est pas coupable de protectionnisme. Il y a bien inversion de la charge de la preuve.


Mauvaise humeur ?

Bien sûr, ce billet de – mauvaise – humeur n’est pas un réquisitoire contre le commerce international qui peut être source de développement et de richesses (pour certains), mais il est de plus en plus évident que ses règles échappent à nos démocraties. Voulez-vous savoir ce que disait Richard Ferrand dans sa tribune d’avril 2016[1] ?

« Chacun sait que l’Union Européenne négocie avec les États-Unis un partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), mais personne ne sait ce qu’il contient…

…Aujourd’hui, un parlementaire ne peut lire qu’un texte lacunaire, une fois délesté de son téléphone, et sous la surveillance d’un fonctionnaire. Certes, depuis peu, il a au moins l’avantage d’y accéder dans les locaux d’une administration publique nationale, plutôt qu’à Bruxelles ou à l’Ambassade des États-Unis… »

Mais si nos députés ne sont pas au courant, qui donc décide de notre avenir ? Les industriels ?  Il semble bien que nos démocraties ne soient pas organisées pour répondre à ces questions qui sont pourtant fondamentales.

Mais alors, ne verra-t-on pas demain Oceangold attaquer la France parce que celle-ci a interdit l’exploitation des gaz de schiste[2] ? Ou Philip Morris sur notre politique anti-tabac[3] ? Et les OGM, les hormones, les pesticides, les normes sanitaires, les puces informatiques sous la peau, les tests ADN ?

Vous trouvez ça normal, vous ?

Et si vous n’êtes pas convaincu(e), voyez la chronique de Mathilde Dupré, co-directrice de l’Institut Veblen : « Ces entreprises qui s’attaquent aux lois sur l’environnement ». https://www.alternatives-economiques.fr/mathilde-dupre/entreprises-sattaquent-aux-lois-protegeant-lenvironnement/00090376


[1] Richard Ferrand : Conseiller général du Finistère, puis de Bretagne, député en 2012, président de l’Assemblée Nationale depuis septembre 2018, http ://www.richardferrand.fr/2016/04/traite-transatlantique-plus-de-transparence/

[2] Le Salvador a été assigné par la compagnie minière Oceangold pour lui avoir refusé un permis d’exploitation sur son territoire

[3] en 2010, Philip Morris estime que la politique anti-tabac de l’Uruguay est une entrave à la libre circulation des biens et assigne ce pays devant un tribunal international pour obtenir une compensation de 25 millions de dollars

Tuer la mort

De nombreux transhumanistes pensent qu’un jour, l’homme pourrait vivre éternellement, qu’il n’y a aucune raison de considérer la mort comme une fatalité, que la mort, ce n’est après tout qu’une pathologie comme les autres, que si on sait un jour prolonger la vie des cellules, changer ou réparer les organes défaillants, consolider le squelette, régénérer le cerveau, il n’y aucune raison de ne pas pouvoir vivre deux cents ans, voire plus, en bonne santé. Et pourquoi ne pas vivre encore plus longtemps, indéfiniment ?

Certains vont encore plus loin. Si vous ne connaissez pas Ray Kurzweil, voilà en quelques mots le fond de sa pensée, je dirais même de son obsession : transférer un jour l’esprit de l’homme sur un ordinateur. « Aujourd’hui, pour un humain, lorsque le matériel fait défaut, le logiciel – son esprit – disparaît avec lui. Mais bientôt nous deviendrons du logiciel et le matériel sera remplaçable » [1].

Voilà un délicieux programme, non ?  



[1]Propos de Raymond Kurtzweil extraits de son livre « Singularity is near (Viking Press) », https://www.lesinrocks.com/2016/04/10/actualite/portrait-de-ray-kurzweil-lhomme-voulait-faire-revivre-papa-11818548/

Eugénisme

L’eugénisme peut être désigné comme « l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine ». Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’« enfant parfait », ou du moins « indemne de nombreuses affections graves »1.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme

La technologie permet déjà aujourd’hui de modifier l’humain, et nous n’en sommes qu’aux débuts. Mais « modifier », c’est mieux soigner, ou « augmenter » les capacités physiques et intellectuelles ? Et au profit de qui ?

PMA / GPA

En juillet 1978 naissait en Angleterre Louise Brown, le premier « bébé éprouvette ». Mise au point par une équipe menée par Robert G. Edwards, la  Fécondation In Vitro (FIV) et la PMA, redonnaient espoir à des millions de couples privés du bonheur d’être parents. Mais aujourd’hui, il devient possible de commander un enfant sur mesure. Sur Internet. Il suffit d’acheter en ligne les bons gamètes, et vous pouvez même sur certains sites choisir l’origine du donneur, voir sa photo, son état de santé, sans doute bientôt son ADN.

La Gestation Pour Autrui (GPA) permet quant à elle de faire appel à une mère porteuse que l’on peut dans certains cas sélectionner sur différents critères physiques ou biologiques.

Note : la PMA et la GPA sont soumises à des réglementation différentes suivant les pays. En France, la PMA est autorisée sous certaines conditions, mais pas la GPA.



Climat, Géo ingénierie

En simplifiant, la géo ingénierie consiste à retirer du carbone de l’atmosphère, soit en l’éliminant, soit en le séquestrant, par des procédés chimiques ou naturels. On peut aussi envoyer des aérosols dans la stratosphère pour limiter l’impact du rayonnement solaire. Oui oui, c’est sérieux, ça fonctionne et il y aura suffisamment de professeurs Dingo pour essayer de manipuler le climat en lançant ces procédés à grande échelle.